Attraversiamo
- Laura Domartin
- 13 nov. 2017
- 4 min de lecture
On a beau tout avoir. On a beau être conscients de cette chance. On a beau être reconnaissants et plein de gratitude pour tout cela. Parfois, tout cela ne suffit pas. Je suis de ceux qui connaissent cet amer sentiment du vague à l'âme. Non, en fait je crois que tout le monde y est sujet. Alors peut-être que je suis de ceux qui sont dotés d'une sensibilité extrême. Celle qui vous ouvre au monde et aux autres. Mais aussi celle qui suppose que vous ayez en vous cette part d'ombre qui parfois prend le dessus. Parce qu'il n'y a pas de lumière sans ombre; et que de surcroît celle ci devient plus noire, si vous rayonnez de tout votre être par moments. Le jeu des contrastes, une question d'équilibre et de balance, comme, vous m'accorderez la comparaison, en photographie. Loin de moi l'idée et l'envie de vous parler de moi de manière égocentrique. Je vais juste tenter de parler avec les mots qui me viendront, et en partant de ma propre expérience, de ce sentiment, ou cette disposition à être de cette façon, pour tenter d'aider ceux qui connaîtrait cette sensibilité, sans mégalomanie aucune!
Ce sentiment de vide intérieur m'est tellement familier, et est peut-être d'autant plus fort qu'il contraste avec cette telle joie de vivre qui me caractérise quand je vais bien, cette soif de vivre et cette envie de bouffer le monde! Je sais combien c'est difficile, perturbant, éprouvant, comme tout peut sembler compliqué, vide de sens et dénué d'intérêt. Comme parfois l'on peut se sentir "à côté", à côté de la plaque, à côté de sa propre vie. D'avoir l'impression de jouer à un jeu mais de ne pas avoir les bonnes cartes en main. L'impression d'être tellement différent des autres, et par le fait d'être tout à fait incompris. La sensation de ne pas être adapté au modèle social et au monde dans lequel on vit. De se demander ce que l'on fait là, et à quoi tout cela rime. De se sentir si mal, et de ne plus trouver de sens à sa vie. De voir tout le monde marcher droit et sans se retourner, dans le même sens, mais de ne pas vouloir suivre le même chemin; pas par esprit de rébellion mais parce qu'on y trouve aucun intérêt, et qu'il ne nous correspond pas du tout.
Je sais comme ces moments sont difficiles à vivre. Je sais comme c'est dur se sentir différent. Et comme c'est compliqué de s'assumer. Je sais comme ces prises de consciences peuvent nous entraîner dans de profondes abîmes. Comme l'horizon peut soudain s'obscurcir et ne plus sembler vouloir se dégager un jour. Je connais cette sensation d'être engluée, et de perdre tout contact avec soi même, de ne plus savoir ce que l'on veut, ce que l'on aime et où on veut aller. Je suis passée, et je passe encore par ces chemins tortueux. Et c'est pour cela que j'ose prendre ma plume pour en parler. Car je sais aussi qu'on en sort. Que ce sont des chemins, et que tous les chemins à défaut de mener à Rome, mènent au moins quelque part. Et, quand enfin on sort du bois, quand enfin la lumière réapparaît alors c'est incroyable. C'est comme sortir la tête de l'eau, c'est respirer un grand bol d'air après en avoir été privé. C'est sentir la chaleur du soleil sur sa peau après un très long hiver. Et à ce moment là, on monte aussi haut qu'on est tombé bas. On déchire le ciel, on est prêt à déplacer des montagnes, on se sent vivant et on est porté par quelque chose d'incroyable. Alors il faut faire confiance à la vie, plus que jamais. Il faut se faire confiance à soi, encore plus. Le ciel finit toujours par se dégager, viennent les tempêtes, le beau temps reviendra toujours. Et alors, on revient de cette traversée encore plus fort, encore meilleur. On en sort grandit, et apaisé. On en sort plus affirmé et plus confiant. On trouve alors une véritable paix intérieure. Enfin, on est en accord avec soi-même.
Alors n'abandonnez jamais. Ne vous abandonnez pas vous même. N'abandonnez pas vos rêves pour faire comme les autres, vous vous tromperiez de chemin. Il y a cette phrase d'Oscar Wilde que j'aime beaucoup qui dit "Soyez vous même, les autres sont déjà pris". Gardez la toujours en tête, chérissez la. Trouvez qui vous êtes, trouvez ce qui vous permet de vous réaliser et faites le. Trouvez ce qui ravive votre flamme intérieure et faites là rayonner!
Les périodes de tempêtes, et de brouillard épais reviendront, peut-être, peut-être pas. En ce qui me concerne je sais que c'est un long voyage, qu'il y a des hauts, et des bas. Mais il ne faut pas se décourager d'avance. Car même si cela est éprouvant, harassant, c'est ce qui nous fait tels que nous sommes. C'est probablement le reflet de notre personnalité "entière". La noirceur et la lourdeur de certains jours sont la condition sine qua none de nos jours à couper le souffle. Et à tout bien réfléchir, je préfère cent fois une vie comme cela à une existence tiède.
Petite liste non exhaustive de livres et de films qui m'ont aidée dans ce sens :
- Les Dieux voyagent toujours incognitos, Laurent Gounelle
- Le jour où j'ai appris à vivre, Laurent Gounelle
- Le livre de la vie, Martin Grey
- Mange, Prie, Aime avec Julia Roberts, de Ryan Murphy
- La vie rêvée de Walter Mitty de et avec Ben Stiller
- Une drôle d'histoire de Ryan Fleck et Anna Boden
Et si aujourd'hui j'ai réussi à traverser ces zones d'ombres, et ces périodes où je perds pied, c'est grâce à mes "anges gardiens", qui veillent sur moi, qui m'accompagnent, me rassurent et trouvent toujours les bons mots. Je leur en suis indéfiniment reconnaissante. Sachez remercier les vôtres et prenez soin d'eux.





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