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Allons voir ailleurs si nous y sommes!

  • Photo du rédacteur: Laura Domartin
    Laura Domartin
  • 6 sept. 2018
  • 4 min de lecture

Ça y est c'est la rentrée! L'été est passé, plus vite qu'on ne veut bien se l'avouer. Et si septembre nous réserve encore sûrement de belles journées d'été, aujourd'hui le ciel gris et la pluie qui s'abat sur la ville nous projettent tout droit en automne. Alors que début août on voyait déjà la lumière changer, et que l'angoisse de la fin de l'été me cueillait comme chaque année à la même période, le temps a filé aussi vite qu'il pouvait et nous voilà déjà en septembre. Septembre et la rentrée, ou le moment de remettre les pendules à l'heure et de ranger au placard les vacances et toute notre décontraction. C'est fou comme d'un coup les journées prennent une toute autre saveur! Comme si après avoir traîné pieds nus tout l'été, il nous fallait remettre des chaussures. Comme si le soleil d'été donnait une autre dimension à nos journées, comme si le champ des possibles s'étendait à l'infini et que paradoxalement le flot déchaîné du temps qui passe restait tout à coup en suspend, dans la torpeur des journées d'été. Mais nous voilà rattrapé par le temps qui passe et la rentrée est comme un cycle qui recommence du début. Il est temps de remettre des chaussures, les pendules à l'heure et un peu d'ordre et de discipline dans tout ça. Même quand rien ne change dans notre quotidien, il souffle malgré tout comme un vent de renouveau sur nos têtes.

Mais cette fois pour moi, c'est plus qu'un vent de renouveau, c'est une bourrasque qui s'abat sur ma vie, et en guise de chaussures c'est des bottes de sept lieues que je m'apprête à enfiler!

Alors que je m'applique soigneusement à faire comme si rien n'allait se passer, que je m'emploie à repousser au maximum l'échéance et qu'en laissant s’égrener tranquillement les minutes de mes journées je me convainc que l'instant T arrivera moins vite; il faut que je me rende à l'évidence rien ne ralentit la course effrénée de la montre!

C'est alors que les questions qui m'ont poussée à en arriver là , envahissent mon esprit. Pourquoi? Pour quoi? Alors que l'on a enfin trouvé un équilibre dans sa vie, que l'on est épanoui dans son travail, que l'on est heureux là où l'on vit, que l'on est bien entouré et que les projets et les réalisations vont bon train et éclosent petit à petit, je me demande ce qui nous pousse à tout remettre en question? Quel est ce besoin de se mettre en danger à nouveau? D'où nous vient cette envie de recommencer à zéro, alors que l'équilibre, si fragile, a été si difficile à trouver? Ou bien serait-ce l'ironie du sort? Que les décisions ont été prises à un moment ou cela s'avérait vital et qu'entre temps, tout en sachant que tout cela ne serait qu'éphémère, on atteint enfin cet équilibre parfait! Que cette chose après laquelle on court indéfiniment, nous est donnée lorsque l'on s'apprête à tout quitter pour tout recommencer! Est-ce de la folie ou du courage?

J'ai toujours détesté le renoncement et la résignation, alors c'est peut-être ce qui me pousse aujourd'hui à suivre le chemin que j'ai décidé de me tracer il y a plusieurs mois, malgré le confort que j'ai trouvé les derniers temps. Ou peut-être parce qu'au fond de moi je sais que c'est la voie que je dois suivre, que c'est là où je dois aller, que mon avenir est au bout, ou tout du moins, le long de ce chemin.

Mais malgré ces réponses qu'une petite voix dans ma tête me souffle (et des voix bien intentionnées autour de moi), la peur est là, les doutes, les angoisses et il faut bien l'avouer, l'excitation un peu aussi. C'est un nouveau défi que je me lance. Malgré toutes les bonnes raisons qui m'ont amenées là aujourd'hui et les réponses évidentes que je viens de citer, je ne cesse de me dire qu'il faut être folle pour se mettre en danger comme ça, quand on a comme moi, une tendance à sombrer dans des abîmes d'angoisse, des périodes de doutes, d'errances psychiques et d'interrogations sur le sens de la vie. Alors pour me donner du courage et me rassurer, je songe à toutes ces choses qui me faisaient peur et que j'ai accomplies et dont je suis fière aujourd'hui! Des petites choses et des plus grandes! Des choses que j'ai réalisées seule et qui m'ont aidé à grandir et à étayer ma confiance en moi. Des choses, qui au départ me semblaient impossibles, que je me suis poussée un jour à faire, et qu'aujourd'hui je fais sans y penser, ou alors seulement parce qu'un sourire de satisfaction et d'accomplissement se fraye jusqu'à mes oreilles!

Et puis enfin peut-être que c'est en faisant des choses qui nous effraient, que c'est en nous mettant (raisonnablement) en danger qu'alors on se sent véritablement vivant!

Et je crois que c'est ce qui caractérise notre génération et que cela constitue le point de rupture essentiel avec les générations précédentes, celles de nos parents qui, on ne peut que les en excuser, ne comprennent pas notre éternelle insatisfaction et notre irrépressible envie d'aller voir ailleurs si nous y sommes!





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