Je ne peux plus me Terre
- Laura Domartin
- 9 déc. 2018
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 oct. 2020
Je vois dans vos yeux tant d'innocence et de confiance, tant d'amour et d'émerveillement, tant de bonté et d'espoir. Et je me demande comment pouvons nous soutenir vos regards en sachant quel monde l'on vous réserve pour demain? C'est insoutenable. C'est insoutenable de ne rien faire et de trahir la confiance que vous nous portez. Je parle de vous, nos enfants, notre avenir. Je n'ai pas de leçons à donner mais je veux, par tous les moyens qui me seront donnés, me battre. Me battre pour vous, pour être digne de votre amour, de votre confiance, et de notre devoir d'adulte à vous protéger et vous assurer le meilleur. Je veux me battre pour éveiller les consciences qui ne le seraient pas encore. Je veux me battre auprès de ceux qui se démènent pour vous assurer un futur. Je ne dors plus la nuit, à l'idée de vous laisser non pas un monde mais le chaos. Pour la première fois de ma vie, mon inébranlable optimisme, mon indéfectible foi en l'humanité me font défaut et je suis en proie à la peur, à l'angoisse, au dégoût et presque au pessimisme. Mais non je ne rendrai pas les armes si facilement. Je vais me battre et faire la guerre à ceux qui refuseront de faire passer votre avenir avant leur confort. Je vais me battre en changeant et en agissant.
Nous ne pouvons plus espérer que le changement vienne d'ailleurs, nous ne pouvons plus penser que tout ira bien si nous ne faisons rien pour.
Certains jours je suis tellement en colère, tellement dépitée et désespérée, tellement triste et tellement, tellement décontenancée, sidérée et bouleversée par l'immobilisme général... certains jours je n'ai plus envie de me lever, j'ai tellement mal et tellement honte. Mais j'entends les rires des enfants résonner dans ma tête, je vois les grands yeux de mes neveux et leurs sourires immuables. Je pense à toutes ces fois où au bout de nos forces, ce sont eux, du haut de leur trois pommes, qui nous relèvent et nous redonnent du courage; je pense à leur tendresse, leur bonté et leur amour inconditionnel; à leur petits bras potelés qui nous enlacent, leur énergie incroyable, leur simplicité et leurs mots au pouvoir si spectaculaire. Je pense à tous ces ados que je connais, à leurs rêves, à leur vie qui commence tout juste, à leurs projets et leur envie de bouffer le monde et je me demande quel genre de personnes serions-nous de ne rien faire pour leur offrir juste un monde où il est possible de vivre?
Et je me relève, bien décidée à me battre et à faire les sacrifices qu'ils méritent tellement.
Pouvons-nous vraiment continuer comme ça, à fermer les yeux et espérer? Je pense que nous leur devons bien plus, et qu'il est de notre devoir de leur assurer un monde meilleur, si ce n'est juste un avenir digne de ce nom. Et que, si nous avons une occasion de leur prouver notre amour, bien plus que de leur offrir des dizaines de cadeaux, nous devons saisir celle de leur dévouer notre engagement et de faire tout ce qu'il est en notre pouvoir pour changer.
Il ne s'agit pas d'être prêt, de se sentir concerné ou pas, il s'agit d'avoir conscience que nous fabriquons aujourd'hui l'avenir de nos enfants. Il ne s'agit pas non plus d'ego, de bonne conscience, d'être capable de se regarder dans le miroir et de dormir sur ces deux oreilles, il s'agit de savoir quel monde et quelle vie voulons nous offrir à ceux qui comptent le plus pour nous?
A Matéo et Noah, à Théa, Arianna, Iannis, Cathèle, Marcel, Léon, Maëli, Anäé, Timéo, Léna, Iris, Andréa, Juliette, Anna, Jules, Owen, Léonie, Romane, Mathilde, Henry, Rose, Nina, Cerise, Marilou, Joseph, Jeanne, Noémi, Ethan, Antoine, Jérémie, Mélissa, Inès, Zélie, Eloy, Alec, et aux milliers d'autres...
"L’utopie ce n’est pas l’irréalisable, c’est l’irréalisé" Théodore Monod





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